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Comment rédiger le meilleur prompt possible ?

Par Elise Haddad

Comment rédiger le meilleur prompt possible ?

Ce qui a changé depuis Sonnet 3.5

On nous a longtemps appris que, pour tirer le meilleur d’une IA, il fallait suivre une méthode précise, en quatre ou cinq étapes :

  • Le rôle : dire à l’IA qui elle est. Par exemple : « Tu es un expert en marketing digital. »

  • L’audience : préciser à qui l’on s’adresse. « Je m’adresse à des gérantes de studios de yoga. »

  • Le contexte : expliquer la situation et l’objectif. « Je lance un atelier le dimanche matin. »

  • Les exemples (one-shot, few-shot) : montrer un ou plusieurs modèles du résultat attendu. Anthropic recommande d’ailleurs trois à cinq exemples variés pour guider le ton et le format.

  • L’itération : ajuster jusqu’au prompt parfait, puis le ranger dans sa bibliothèque de prompts.

Une méthode bien rodée, qu’il fallait connaître pour exploiter tout le potentiel de l’IA.

Ce qui a changé

Le 6 octobre, Boris Cherny, créateur de Claude Code chez Anthropic, a publié un post sur X, repris par Business Insider. Son message : il n’y a pas de secret, on peut parler à l’IA comme à un collègue, et la plupart des tâches n’ont pas besoin d’être surstructurées. À l’époque de Sonnet 3.5, explique-t-il, le prompt comptait beaucoup. Aujourd’hui, les modèles sont bien plus efficaces et évoluent vite.

Il résume l’essentiel en trois points :

  1. Ce que vous voulez. Le résultat, pas la méthode. Au lieu de « écris une intro, puis trois paragraphes, puis une conclusion », dites : « Je veux un mail court pour annoncer l’annulation du cours de jeudi. »

  2. L’effort attendu. Une idée rapide ou un vrai travail de fond ? « Donne-moi deux versions rapides » ou « Prends le temps de creuser, c’est important. »

  3. La vérification. Comment l’IA doit contrôler son travail. « Dis-moi s’il te manque une information avant d’écrire » ou « Liste ce que je dois vérifier moi-même. »

Le contexte reste essentiel

Attention : ça ne veut pas dire qu’il faut rester vague. Anthropic propose un test simple : montrer son prompt à un collègue qui connaît peu le sujet, et voir s’il pourrait l’exécuter sans poser de question.

  • Trop général : « Écris un post Instagram sur mon atelier. »

  • Mieux : « J’organise un atelier de yoga dimanche matin, pour des débutantes de 30 à 50 ans. Écris un post Instagram chaleureux, sans jargon, en deux versions courtes. Dis-moi s’il manque une info. »

Voyez l’IA comme votre assistant de 22 ans à qui vous confiez des tâches, ou comme un collègue non expert à qui vous expliqueriez ce qu’il a à faire. Vous ne lui récitez pas une formule : vous lui donnez le contexte.

Trois prompts à copier pour votre structure

Association sportive : « Rédige un mail aux parents du club pour annoncer le changement d’horaire du mercredi. Ton chaleureux, vouvoiement, cinq lignes maximum. »

Coach sportif : « Propose-moi trois idées de posts Instagram pour la rentrée, pour des adultes qui reprennent le sport. Ton motivant, sans jargon. »

Studio de yoga : « Écris la description d’un atelier de yoga du dimanche matin pour débutantes. Dis-moi s’il te manque une information avant de commencer. »

Et les anciennes techniques ?

Elles ne disparaissent pas. Le rôle et les exemples restent utiles quand on veut un ton ou un format très précis, par exemple imiter le style de sa newsletter en lui montrant deux anciens numéros. Mais ils ne sont plus indispensables pour une demande simple.

Pour moi, c’est aussi une façon de rendre l’IA plus accessible : on n’a plus besoin d’apprendre une méthode avant de s’y mettre. En tant que designer UX, cette approche est complètement en phase avec ma façon d’aborder les choses et de développer mes solutions.

Alors la prochaine fois, parlez-lui comme à un collègue : dites ce que vous voulez, jusqu’où aller, et comment vérifier.

Sources : Business Insider (via DNYUZ) · Post de Boris Cherny, repris par Technews · Guide Anthropic : « be clear and direct »